Author Archives: éditeur

L’intervention de coordination dans les métiers du prendre soin

par Yves Couturier et Louise Belzile

 

https://www.youtube.com/watch?v=MBV0BEB_kwA

En réponse à l’exigence de plus en plus affirmée d’une meilleure prise en compte des complexités constitutives des problèmes sociaux et de santé, les métiers du prendre soin (sciences infirmières, travail social, médecine, éducation, etc.) sont conviés à se coordonner davantage, et nombre de leurs intervenants remplissent une fonction relativement nouvelle de coordonnateur dédié. L’émergence de la coordination dans ces métiers constitue alors un puissant analyseur de la transformation de la professionnalité de ces divers métiers. Le présent ouvrage expose les fondements de cette transformation et en illustre certains de ses effets à travers la figure archétypique du gestionnaire de cas. Une telle figure de la coordination incarne la façon émergente de concevoir des services davantage intégrés pour mieux répondre aux besoins complexes des personnes. L’ouvrage s’adresse autant aux praticiens réflexifs, qu’aux étudiants et formateurs qui souhaitent comprendre les évolutions en cours. Il s’adresse aussi aux chercheurs qui étudient cette nouvelle façon de concevoir l’action professionnelle dans les métiers du prendre soin qu’est l’intervention de coordination. Cette réflexion se structure au tour des concepts d’intervention, de situation, de réflexivité, de collaboration interprofessionnelle et de médiation, soit autant de fondamentaux permettant de concevoir l’importance des pratiques de coordination dont le terrain d’action ne cesse de s’étendre.

Disponible sur le site des Éditions Champ Social 

 

Leave a Comment

Filed under Archive, Les ouvrages

Intervention sociale, éducative et socio-éducative et réflexivité des faits sociaux

Volume 4 numéro 3

Disponible aux Éditions Champ Social (achat individuel et abonnement individuel) et bientôt disponible sur la plateforme Érudit (abonnement institutionnel)

Le présent numéro rassemble des textes portant sur l’intervention analysée sous différentes perspectives sociales et selon une acception large de cette notion. Les différents métiers de l’intervention sociale se caractérisent par une pratique professionnelle s’effectuant en appui à une compétence réflexive. Cette compétence est au cœur de l’intervention comme le souligne l’article de Chouinard et Caron. Intervenir dans et sur l’espace social requiert en effet l’effectuation de pratiques multiples de réflexivité, qu’il semble nécessaire de concevoir plus explicitement afin de les penser en objets de formation, voire de réflexion, d’autoréflexion et d’auto-apprentissage. Comme le démontre cet article, la réflexivité ne peut pas se réduire à une dimension de la professionnalité centrée sur le sujet et sur l’expérience située de l’intervention. Elle s’effectue aussi par diverses médiations sociales, que sont notamment les médias. Ponnou et Fricard analysent ainsi le rôle de la presse spécialisée comme miroir de l’intervention et comme vecteur de réflexivité. Ces deux auteurs étudient la question de l’autisme et de l’intervention spécifique des travailleurs sociaux auprès de ces populations. L’article de Nagels et Nagels prend appui sur l’analyse de séries télévisées consacrées au monde médical pour mettre à jour les conceptions du soin qu’elles révèlent et les apprentissages qu’elles favorisent chez leurs auditeurs. L’intervention sociale, comme l’intervention éducative ou socio-éducative, s’effectue donc tout autant par une réflexivité du sujet en situation d’intervention que par une réflexivité plus large, suggérée, stimulée et diffusée par le fait social lui-même. Ces interventions, par-delà leurs qualificatifs, s’effectuent donc ainsi par une réflexivité sociale, comme le démontre le texte de Billy, Jean Jacques et Derivois. Les auteurs étudient ainsi l’impact de certains déterminants sociaux sur la réussite scolaire dans le contexte haïtien. Cette approche multiréférentielle de la réflexivité comme attribut et condition de la professionnalité dans les divers métiers adressés à autrui trouvera un écho auprès des chercheurs et praticiens, qu’ils s’intéressent à l’une ou l’autre des familles professionnelles de l’intervention.

1.              Rage narcissique et réussite scolaire chez des adolescents haïtiens issus des milieux sociaux défavorisés à Port-au-Prince

  1. 2-10

Raynold Billy, Ronald Jean Jacques, Univ. D’État d’Haïti.

Daniel Derivois, Univ. De Bourgogne Franche Comté

Mots clés : Adolescence, Motivation, Représentation de soi, Milieux défavorisés, Réussite scolaire, Résilience scolaire, Soi, Narcissisme, Rage narcissique.

Résumé : La réussite scolaire constitue un enjeu important pour les familles et les adolescents haïtiens issus des milieux socio-économiquement défavorisés. Elle représente un passage nécessaire pour échapper aux conditions de vie difficiles et parvenir à une certaine ascension sociale. Tout échec de ces adolescents sur le plan scolaire risque de leur faire connaître un sort encore plus difficile que celui de leurs parents. Il est alors important de s’interroger sur les facteurs qui expliquent le succès scolaire de certains jeunes évoluant en milieu précaire. Cet article se propose d’analyser, dans une perspective psychosociale clinique, les résultats d’une étude qualitative réalisée auprès de huit (8) adolescents haïtiens scolarisés vivant dans certains quartiers défavorisés de Port-au-Prince. L’accent est mis sur la construction de la rage narcissique de ces jeunes comme mobilisation de l’énergie psychique au service d’un soi blessé, résultant dans le cas de ces sujets, de certaines pratiques éducatives de leurs parents et d’une prise de conscience progressive des conditions socio-économiques précaires qui caractérisent leur vie ainsi que des différents affronts symboliques, humiliations et mépris associés à ces conditions précaires . Ainsi, l’analyse,  montre comment cette soif insatiable de vengeance et de réparation de soi, liées aux blessures narcissiques dont sont l’objet ces adolescents, constituent  un élément déterminant de leur investissement scolaire.

Title : Narcissistic rage and academic achievement in Haitian teenagers from disadvantaged social backgrounds to Port-au-Prince

Keywords : Teenager, motivation, disadvantaged social backgrounds, academic achievement, self-representation, school resilience

Abstract :  Academic achievement is an important issue for families and Haitian adolescents from socio-economically disadvantaged backgrounds. It represents a necessary step to escape difficult living conditions and achieve some social mobility. Any failure of these adolescents academically risk of them know a lot more difficult than that of their parents. It is therefore important to consider the factors that explain the academic success of some young people playing in a precarious environment. This article aims to analyze, in a clinic psychosocial perspective, the results of a qualitative study of eight (8) Haitian school adolescents in some poor neighborhoods of Port-au-Prince. The focus is on the construction of the narcissistic rage of the young as mobilization of psychic energy in the service of a wounded self, resulting in the case of these subjects, certain educational practices of their parents and a plug gradual realization of the precarious socio-economic conditions that characterize their lives and different symbolic insults, humiliation and contempt associated with these precarious conditions. Thus, the analysis shows how this insatiable thirst for revenge and self-repair, related to narcissistic wounds which are the subject of these teenagers, are a key element of their educational investment.

2.              Le recours aux approches réflexives dans les métiers relationnels : modélisation des conceptions de la réflexivité.

  1. 11-21

Isabelle Chouinard, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Jessie Caron, Université de Sherbrooke

Mots clés : Réflexivité, pratique professionnelle, compétences professionnelles, métiers relationnels, professionnalisation.

Résumé : Le développement de l’industrie tertiaire a accru l’intérêt de la communauté scientifique envers la relation de service et les compétences professionnelles des métiers relationnels. Les institutions de formation ont également adapté leurs programmes afin de garantir l’acquisition des étudiants de ces nouvelles compétences. Pourtant, les connaissances sur le sujet demeurent encore imparfaites. Ceci est d’autant plus préoccupant que les professions ont l’obligation de rendre compte de leurs productions. Pour répondre à cette exigence, le recours aux approches réflexives est devenu courant. Malgré la multiplication de ces approches, peu de données sont disponibles sur la façon dont elles sont conçues et utilisées. Afin d’en dégager les perspectives actuelles, cet article expose les résultats d’une analyse de la documentation scientifique sur la réflexivité dans quatre métiers relationnels : le travail social, l’éducation, les sciences infirmières et la psychologie. Après avoir présenté ces conceptions, les enjeux qu’elles soulèvent seront discutés.

Title : The use of reflexive approaches in relational professions: conceptions of reflexivity.

Keywords : Reflexivity, professional practice, professional skills, relational professions, professionalization

Abstract : The tertiary industry development has increased researches on service relationship and professional skills needed in relational professions. Universities and education fields have also adapted their programs to ensure students acquire these new skills. However, knowledge on the topic is still incomplete. At the same time, professions are required to rationalize their outputs. To meet this requirement, the use of reflexive approaches has become common. Despite the increase of these approaches, few data are available on how they are conceived and used. In order to identify the current perspectives, this article presents the results of a scientific literature analysis on reflexivity in four relational professions : social work, education, nursing and psychology. After presenting these perspectives, the results will be then discussed.

3.             L’autisme dans la presse spécialisée destinée aux travailleurs sociaux : évolution des discours, enjeux de pratique, de recherche et de formation

  1. 22-35

Sébastien Ponnou Polaris, Institut de Formation des Travailleurs Sociaux

Blandine Fricard, Université de Limoges

Mots-clés : autisme, travail social, analyse du discours, discours biomédical, psychanalyse.

 

Résumé : L’autisme fait l’objet de nombreux débats dans les médias, et l’analyse des discours montre des distorsions récurrentes au regard des avancées scientifiques mises en exergue dans la littérature biomédicale internationale. Nous avons procédé à l’analyse systématique des approches de l’autisme dans la presse spécialisée destinée aux travailleurs sociaux français entre 1989 et 2014, et comparé les résultats obtenus à une étude récente sur les conceptions du Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité dans ce même champ. L’analyse des discours sur l’autisme, et plus généralement sur les troubles mentaux et psychosociaux dans la presse spécialisée destinée aux travailleurs sociaux, montre que les facteurs sociaux pourtant fortement impliqués dans ces pathologies ne sont jamais présentés, tandis qu’ils sont  largement argumentés dans la littérature internationale, et peuvent faire l’objet de politiques et de pratiques socioéducatives spécifiques. La plupart des conceptions de l’autisme présentée aux travailleurs sociaux français relève de la sphère thérapeutique, et laisse apparaître une médicalisation croissante du travail social, nous permettant d’en interroger les enjeux de pratique et de formation.

Title : Autism in the specialized press for social workers : speeches evolution, practice, research and formation issues

Keywords : autism, social work, discourse analysis, biomedical discourse, psychoanalysis.

Abstract : autism has been widely covered by the medias, and studies analyzing this discourse have pointed out frequent and repetitive distortions of the biomedical knowledge. We conducted a systematic analysis of conceptions of autism in the french specialized social workers press between 1989 and 2014, and compared these results to a recent study on Attention Deficit Hyperactivity Disorder (ADHD) in the same field. Analysis of discourse about autism, and more generally on mental and psychosocial disorders in the specialized social workers press  shows that social factors highly involved in these pathologies are never presented, as they are widely argued in the international literature, and can be subject to specific socio-educational policies and practices. Most ways of autism presented to french social workers belong to the therapeutic sphere, and reveal a growing medicalization of social work, allowing us to question the practice and training issues.

4.              Comprendre et apprendre le soin à travers les sériées télévisées, en France et au Liban

  1. 36-50

Marc Nagels, Université de Rennes 2

Rose Nagels,  IFSI du CHU de Pontchaillou Rennes

Mots-clés : Analyse de l’activité, didactique professionnelle, soins infirmiers, séries télévisées

Résumé : Si les séries télévisées ne poursuivent pas explicitement un but d’apprentissage mais de divertissement, nombre d’informations sur les soins sont toutefois mises en scène. Il en est ainsi des séries françaises ou américaines exposant des médecins ou des paramédicaux et qui ont pu enregistrer des records d’audience. Les spectateurs cherchent à comprendre l’activité de soin dans les situations dramatiques. Ils sont d’autant plus curieux et susceptibles de prendre l’activité de l’infirmière en tant que modèle vicariant qu’ils se destinent à une carrière médicale ou paramédicale. Quels comportements retiennent l’attention des spectateurs ? Quels raisonnements déduisent-ils de ces comportements ? Ces représentations du soin et du métier, acquises par exposition aux séries télévisées, sont-elles ensuite modifiées par la formation paramédicale ?

Title : Understanding and learning care through television series, in France and Lebanon

Keyword : Activity analysis, occupational didactics, nursing, television series

Abstract : Television series explicitly pursue an entertainment goal rather than a learning one; nevertheless, they convey information about care. French and American series depicting doctors and care workers have reached record-breaking audiences. Spectators try to understand care as an activity through dramatic situations. They are all the more curious and liable to consider the activity of the nurses as a vicariant model that they wish to become a doctor or a care worker. Which behaviors get the spectators’ attention? Which reasoning do they deduce from them? Does the paramedical training then modify the representations they form about care and the nursing profession while watching television series?

 

 

 

Leave a Comment

Filed under Numéros parus

Quels discours pour quel développement professionnel ?

Disponible aux éditions Champ Social (achat individuel et abonnement individuel).

Sur Cairn (achat d’articles)

Bientôt disponible sur la plateforme Érudit (abonnement institutionnel)

Numéro coordonné par  Kristine Balslev, Université de Genève, et Alexandre Buysse, Université Laval

 

Dans les formations aux métiers éducatifs, l’activité professionnelle, souvent sous forme de stage, est au cœur de nombreux dispositifs. Dans la perspective des formations en alternance intégrative (Vanhulle, Merhan et Ronveaux, 2007 ; Vanhulle, 2012), les professionnels en formation sont amenés à produire des discours sur cette activité en vue, notamment, de développer leur réflexivité, de construire des savoirs professionnels pour, au final, développer un agir professionnel. Dans ces formations, un lien fort entre le retour sur l’action et l’action elle-même est posé, l’hypothèse de base étant que le discours a un impact sur les pratiques. Cette hypothèse n’est pas propre à la formation, elle est aussi, à certaines conditions, valable pour les discours des professionnels confrontés à leur pratique.

Les dispositifs invitant à intégrer savoirs théoriques et expériences professionnelles, constituent des lieux de production de discours professionnels qui représentent des espaces de réflexion amenant à la consignation du savoir, la construction de connaissances, la confrontation entre des savoirs et des expériences concrètes (Rabatel et Blanc, 2011). Ajoutons à cela l’activité réflexive du futur professionnel prônée, sinon exigée dans ces formations, passant par des procédures de discussion et de négociation (Vanhulle, 2008). Celle-ci implique, d’une part, une importante démarche de conceptualisation et de théorisation de la pratique et, d’autre part, un processus de positionnement permettant de discuter des valeurs et de l’agir professionnel et, plus généralement, de donner sens à son activité.

Ces discours se construisent en interaction et ont pour vocation d’être porteuses de médiations permettant à l’apprenant d’intérioriser et d’intégrer différents savoirs et processus (Buysse et Renaulaud, 2012). Mais ces discours sont également le théâtre d’autres phénomènes, tels la reconnaissance (Jorro, 2011 ; Vanhulle, 2009), la construction identitaire, le positionnement de soi (Rabatel et Blanc, 2011), l’adhésion progressive à une forme socioculturelle de pensée (Buysse, 2012) ou encore la présentation d’un point de vue (Rabatel, 2005). Se pose dès lors la question de l’effet des dispositifs et des formes interactives ou genres textuels sur le(s) développement(s) professionnel(s).

Ainsi, c’est la fonction du langage en usage dans la formation ou la profession, en lien avec des situations de stage ou de travail, qui est au cœur de ce numéro de Phronesis. Quels éléments du discours oral ou écrit sont à prendre en compte pour saisir le développement professionnel ? S’agissant de discours de formation et de discours professionnels, visant l’appropriation de savoirs, comment ces savoirs sont-ils reconfigurés par les discours ? Comment s’arriment des phénomènes observables dans le discours avec des phénomènes intrapsychiques et invisibles ? À quelle formation forment les dispositifs ? Telles sont les questions abordées par ce numéro, dont la richesse réside dans la diversité des formes de discours, des dispositifs et des phénomènes étudiés.

Sommaire du numéro

1-Introduction

p.1-4

Kristine Balslev, Université de Genève et Alexandre Buysse, Université Laval

2- Agir professionnel, point de vue et mobilité empathique

p.4-15

Alain Rabatel, Univeristé de Lyon 1, France

Mots-clés : point de vue linguistique, empathie, mobilité empathique, réflexivité, positionnement de soi (vs figures d’autorité), mémoire professionnel

Résumé : Cet article fait l’hypothèse que la construction d’un agir professionnel enseignant passe par la conceptualisation et la théorisation de la pratique, par un positionnement qui permet de prendre du recul par rapport à l’activité professionnelle, aux apprenants mais encore par des processus complexes de positionnements linguistiques et cognitifs envers les savoirs académiques et les injonctions institutionnelles. Cette hypothèse est confrontée au positionnement scriptural que de jeunes enseignants stagiaires adoptent lors de l’écriture de leur mémoire professionnel et est abordée à travers le prisme de la problématique du point de vue. Après avoir présenté cette problématique dans ses diverses dimensions, l’article se focalise sur le concept linguistique de point de vue, puis analyse ses liens avec la notion affine d’empathie, et, plus particulièrement, de mobilité empathique. Enfin, il montre combien ces techniques linguistiques, corrélées à la mobilité empathique et aux capabilités afférentes, sont de nature à aider à la professionnalisation des (jeunes) enseignants en leur permettant de problématiser leur propre point de vue grâce à une distance réflexive envers les points de vue des autorités (institutionnelles ou académiques) ou envers leur objet de recherche, à partir de la prise en compte de leur situation et de leur expérience, de façon à mieux faire émerger la complexité de leur objet de recherche et à être mieux armé pour l’exercice de leur métier.

Title : Professional actions, point of view and empathic mobility

Keywords : linguistic point of view, empathy, empathic mobility, reflexivity, self-positioning vs authority figures, professional report

Abstract : This paper assumes that the realization of a teaching action implies the conceptualisation and the theorization of practice, a positioning that allows to put things into perspective with respect to the professional activity and to learners, as well as a complex linguistic and cognitive positioning towards academic knowledge and institutional injunctions. This hypothesis is confronted with the scriptural positioning that young pre-service teachers adopt for the writing of their professional report, and is viewed through the lens of the point of view issue. After having considered this issue in its various dimensions, the paper focuses on the linguistic concept of point of view, then analyses its relations to the adjacent notion of empathy and, more specifically, of empathic mobility. Finally, it explains how these linguistic technics, correlated to the empathic mobility and to the related abilities, contribute to the professionalization of (young) teachers by allowing them to problematize their own point of view; this problematization is achieved through a reflexive distance from the point of view of (institutional or academic) authority figures or from their own research objects and by taking into consideration their current situation and their experience in order to better emphasize the complexity of their research object and to better prepare for their professional activity.

3- Reconfigurer l’action enseignante pour la (Re) découvrir: Traces du répertoire didactique évolutif

p. 16-27

Francine Cicurel, Université Sorbonne nouvelle Paris 3, France

Mots-clés : action enseignante, activité constructive, répertoire didactique évolutif, pensée enseignante, verbalisation

Résumé : Cette étude se propose d’interroger les fondements théoriques et épistémologiques d’une pratique de recherche qui suscite la production d’un commentaire oral et spontané d’enseignants placés devant le visionnement de leur propre action d’enseignement. Sur quels indices s’appuie le chercheur pour pouvoir conférer à ces discours la capacité de dévoiler quelque chose ayant trait au rapport entre discours, action et pensée enseignante ? Pour aborder cette question, on proposera de s’attacher plus particulièrement à des incidents de planification, moments d’accroc, de dilemmes, de regrets où selon l’expression de Schütz (1998), l’enseignant affronte « un monde n’allant pas de soi ». Nous pensons ici à des séquences de corpus où se jouent des rapports au savoir, aux occasions manquées ou à prendre au vol. Dans ces moments de fracture apparaissent des indices d’un répertoire didactique en évolution. Ce qui nous conduira à nous interroger sur les discours d’autoconfrontations comme matériau textuel dont l’étude renseigne sur la construction des savoirs professionnels et leur évolution

Title : Reconfiguring and rediscovering teacher action: Traces of the didactic repertory in evolution

Keywords : constructive activity, didactic repertory in evolution, teacher action, teacher thinking, verbalization

Abstract : This study intends to question the theoretical and epistemological basis of research practices that give rise to the production of spontaneous oral commentary by teachers watching their own teacher action. What clues can the researcher use to impart on these discourses their ability to reveal that which is related to the link between discourse, action and teacher thinking? To address this question, we propose to concentrate more specifically on planning incidents, challenging moments, dilemmas and regrets in which, according to Schütz’s expression (1998), the teacher faces a world that is not self-evident. Here we will consider corpus sequences in which relationships to knowledge and opportunities – both missed and taken advantage of – play out. In these moments of fracture, hints of an evolving didactic repertoire seem to appear. This will bring us to question the discourses of self-confrontation as textual material, the study of which informs of the construction of professional knowledge and its evolution.

4- Discours académiques et discours professionnels : positionnement et savoirs des enseignants en formation

p. 28-41

Dominika Dobrowolska, Kristine Balslev, Edyta Tominska, Sabine Vanhulle, Université de Genève, Suisse

Santiago Mosquera, Université Javanaria, Colombie

Mots-clés : positionnement, analyse de discours, entretien de stage, formation des enseignants, réflexivité

Résumé : L’une des voies proposées pour former des enseignants réflexifs, consiste à amener les formés à problématiser ou analyser les actions menées en classe à l’aune d’apports théoriques de la formation académique dans des cadres formalisés. Ceci est notamment le cas pour les entretiens tripartites de stage, qui se situent à l’intersection du monde professionnel et du monde académique. Dans ce cadre, les formés produisent des discours complexes dans lesquels ils se positionnent, se réfèrent à de savoirs multiples, tout en décrivant et analysant le travail effectué en stage. Considérant que l’analyse de ces discours éclaire une part du développement professionnel, cette contribution regarde de près ce qui se joue et s’apprend dans ces entretiens. En comparant l’évolution des problématiques professionnelles de deux enseignants en formation, les résultats portent sur trois éléments clés : le positionnement qu’adopte l’EF par rapport à ce qu’il dit et à ses interlocuteurs, la manière dont il intègre les éléments théoriques de la formation dans son discours, et la façon dont il met en récit les situations de travail et les événements vécus en stage. Ils mettent notamment en évidence différentes manières d’analyser les pratiques de stage correspondant à deux formes de discours : une forme académique et une forme professionnelle.

Title:  Academic or professional discourses: positioning and knowledge of prospective teachers

Keyword : positioning, discourse analysis, mentoring conversation, teacher education, reflexivity

Abstract : In teacher education, students have to link theoretical knowledge from educational studies or other academic fields with classroom experiences in formal settings such as triadic mentoring conversations. Students make this link through verbal activities, which are the heart of our analysis. Students produce complex discourses in which they position themselves, refer to multiple types of knowledge, describe and analyse their practicum. Considering that discourse analysis enlightens professional development processes, we study what prospective teachers (PTs) learn in a specific moment of formal mentoring conversations that is a presentation of problematic issues. We compare the evolution of these presentations for two PTs. Through an utterer centred approach, we focus on three key elements: positioning adopted by PTs regarding the content of their sayings and their discussion partners; the way they integrate the theoretical concepts in their discourse; and the way they put in words working experiences and specific internship events. These elements enlighten the process of self-building and building of professional knowledge. Our results point out that in these « in between » settings, preservice teachers produce two kinds of discourse: academic and professional

5- Écriture des pratiques et remaniements subjectifs de la position professionnelle

p. 42-54

Patrick Geffard, Univerisité de Paris 8, France

Arnaud Dubois, Université de Cergy-Pontoise, France

Mots-clés : formation professionnelle, écriture monographique, correspondance, élaboration psychique, remaniements subjectifs, enseignants et personnels d’éducation

Résumé : En France comme au Québec, les objectifs de formation des professionnels de l’éducation sont énoncés dans des référentiels de compétences. Le référentiel français s’inspire de la figure du « praticien réflexif » (Schön, 1983). Cet article présente un dispositif de formation insistant sur les interactions entre étudiants par des groupes d’écriture des pratiques, une correspondance inter-étudiants et des « institutions coopératives ». En analysant des matériaux recueillis à fin de recherche durant la formation, sont proposées des hypothèses de compréhension concernant les déplacements subjectifs des étudiants et les capacités du dispositif à favoriser une appropriation adéquate de la position professionnelle

Title : Writing the Practice / Shifting the Subjective Professional Position

Keywords : vocational training, monographic writing, correspondence, psychical elaboration, subjective rearrangements, teachers and educators

Abstract : In France and in Quebec, the training objectives of education professionals are now contained in repositories of skills. The French repository is strongly influenced by the figure of the ‘reflective practitioner’ (Schön, 1983). This paper presents a training device for future professionals of teaching and education that focuses on interactions between students through the use of practices writing groups, an inter-student correspondence and ‘cooperative institutions’. By analysing some of the materials collected for research purposes during the training, comprehension assumptions are offered about the subjective rearrangements experienced by students and the device capabilities to promote an appropriate acquisition of professional position

6- Transitions de culture évaluative chez des futurs enseignants de l’enseignement secondaire

p. 55-68

Isabelle Nizet, Université de Sherbrooke, Canada

Mots-clés : Évaluation, stage, professionnalisation, savoirs professionnels

Résumé : En matière d’évaluation, les apprentissages professionnels des futurs enseignants supposent une double transition culturelle qui se caractérise par le passage d’une culture première en évaluation (d’ancien élève ou d’étudiant) à une culture seconde (professionnelle) (Nizet, 2013, 2015). Ces apprentissages impliquent la construction de concepts et de techniques propres au domaine de l’évaluation et agissent comme des appuis pour référencer les pratiques évaluatives (Vial, 2009), leur statut épistémologique évoluant au contact de l’activité professionnelle. Dans le cadre d’une recherche portant sur le processus d’« assessment literacy » de futur enseignants (Mertler, 2004, 2009; Willis, Addie & Klenowski, 2013) nous souhaitons comprendre comment évolue la reconfiguration de ces savoirs de formation dans le cadre d’échanges ayant eu lieu entre le stagiaire et son enseignant associé. Nous présentons le résultat d’une analyse d’échanges relatés par des futurs enseignants du secondaire portant sur des problèmes liés à l’évaluation des élèves durant leur stage. L’analyse met en lumière une évolution des valeurs attribuées aux savoirs de formation selon des critères de crédibilité, d’intelligibilité et de légitimité

Title : Transition of culture in evaluation among future teachers of secondary education

Keywords : Evaluation, traineeship, professionalization, professional knowledge

Abstract : The professional learning in assessment of future teachers assumes a double cultural transition that is characterized by the passage of a first evaluation culture (of former pupil or student) to a second evaluation culture (professional) (Nizet, 2013, 2015). In this learning process, these conceptual aspects are essential to support benchmarking of assessment practices (Vial, 2009) as the epistemological status of the knowledge evolves in contact with professional activity.

As part of a research on the process of « assessment literacy » (Mertler, 2004, 2009; Willis, Addie & Klenowski, 2013) we wish to understand the evolution of the reconfiguration of professional knowledge during interactions between the future teacher and his in service associate teacher. We present the result of the analysis of exchanges as told by future secondary teachers concerning assessment problems within the classroom, during their traineeship. The analysis highlights the evolution in the value given to knowledge by the future teacher based on credibility, intelligibility and legitimacy criteria.

7- Circulation de savoirs entre institution de formation et terrains scolaires : analyse de dispositifs de formation à l’enseignement de la production écrite en Suisse romande

p. 69-86

Roxane Gagnon, HEP Vaud, Suisse

Véronique Laurens, Univeristé Sorbonne nouvelle Paris 3, France

Mots-clés : Formation des enseignants, didactique du français écrit, alternance entre institution de formation et terrain scolaire, double triangulation, circulation des savoirs

Résumé : Dans ce texte, nous analysons le traitement de la pratique professionnelle dans deux séquences de formation portant sur l’enseignement de la production écrite. Dans un premier temps, nous observons les caractéristiques des dispositifs de formation prévoyant l’alternance entre le terrain scolaire et l’institution de formation. La focale est ensuite mise sur les interactions entre formateur et formés à l’intérieur de deux activités de formation ciblant le retour sur la pratique. L’intérêt de cette double perspective est de mieux comprendre la circulation des savoirs d’un lieu à un autre et comment cette circulation est mise au service du développement de l’agir enseignant

Title : Circulation of Knowledge between Teacher Training Institution and School field; Analysis of Teachers Training Devices on the Teaching of Written French

Keywords : Teacher Training, Written French Language Instruction, Combined School Field and Training Institution Scheme, Double Triangulation, Circulation of Knowledge

Abstract : In this contribution, we analyse the treatment of professional practice in two training sequences dedicated to the teaching of written French. Firstly, we examine the characteristics of the training devices organised with a combination of school field and training institution scheme. We then focus on interactions between trainer and trainees within two training activities aimed at sharing and reflecting on practicum. The interest of this double perspective lies in the understanding of knowledge circulation between school field and training institution and how this circulation serves the development of teachers’ action.

8- Interagir pour apprendre en gestion de classe au secondaire : analyse du discours des futurs enseignants dans un espace collaboratif

p. 87-99

Pier-Ann Boutin, Christine Hamel,Josée-Anne Gouin, Université Laval, Canada

Mots-clés : Discours collaboratif, futurs enseignants, apprentissage, interaction

Résumé : Afin de soutenir le développement professionnel des futurs enseignants au secondaire lors de leur formation initiale universitaire, et ce, en lien avec le concept de praticien réflexif dans une approche par compétence, un design pédagogique novateur fut mis en place dans un cours dédié à la gestion de classe. En effet, ce design, inspiré des principes de la communauté d’apprentissage (Brown, 1994), a amené les étudiants-stagiaires à développer un discours collectif sur leur pratique professionnelle à travers les enjeux propre à la gestion de classe au secondaire et à leurs préoccupations lors d’un stage de cinq semaines. Nous faisons la prémisse que la participation à l’élaboration d’un discours collectif sur les pratiques professionnelles permet aux étudiants de, non seulement, réfléchir sur leur pratique, mais de faire des apprentissages professionnels durables. Ainsi, notre étude s’attarde à l’engagement des étudiants dans l’élaboration du discours collectif et aux actions leur permettant de faire avancer celui-ci.

Title : Learning-as-participation in a collaborative environment for high school preservice teachers classroom management, a discours analysis

Keywords : collaborative environment, learning, interaction, preservice teachers

Abstract : In order to support the professional development of high school preservice teachers during their initial university training as reflective practitioners an innovative educational design was placed in a classroom management course. With this design, inspired by the principles of the learning community (Brown, 1994), has assisted students to develop a collective discourse on their professional practice through their own issues in the secondary classroom management and their concerns during a five weeks internship. We make the assumption that the participation in the development of a collective discourse on professional practice allows students to not only reflect on their practice, but also to gain significant professional learning. Thus, our study focuses on student engagement in the development of collective discourse and actions enabling them to advance it.

9- Appréhender le développement d’un discours d’expérience sur le travail en accompagnement VAE : vers une analyse des mouvements dialogiques, relationnels, contextuels et interprétatifs

p.100-112

Vanessa Rémery, Univeersité de Genève, Suisse

Mots clés : Validation des Acquis de l’Expérience ; Accompagnement ; Discours d’expérience sur le travail ; Développement.

Résumé : La contribution rend compte des résultats d’une recherche conduite dans un organisme de formation aux métiers socio-éducatifs auprès de plusieurs conseillers en Validation des Acquis de l’Expérience. A partir d’une observation ethnographique, nous nous intéressons à l’activité de ces conseillers au cours des entretiens menés avec les candidats qu’ils accompagnent. Plus spécifiquement, nous cherchons à comprendre comment l’activité qu’ils déploient peut soutenir le développement par le candidat d’un discours d’expérience sur son travail. La recherche s’intéresse à la fois aux transformations des énoncés d’expérience produits par le candidat, mais aussi aux modalités par lesquelles ce qui se dit à propos du travail se transforme dans le dialogue qui s’engage entre le candidat et le conseiller. La question de la contribution du conseiller est centrale pour comprendre le développement du discours d’expérience dans ce contexte. Nous proposons ici des éléments de réponse à cette problématique à partir de l’analyse d’extraits d’entretien en mettant en évidence la façon dont peuvent être repérés différents types de mouvements dans les échanges conseiller/candidat contribuant aux dynamiques développementales en jeu de l’entretien.

Title : Developing discourses of experience about work within the practices of guidance for the Accreditation of Prior Learning : An analysis of dialogical, relational, contextual and interpretive movements

Keyword : Accreditation of Prior Learning ; Guidance ; Experience discourse about work ; Development.

Abstract : The contribution describes the results of a research on the work activity of counselors in the field of Accreditation of Prior Learning. From an ethnographic observations conducted in a training Social Work organization, we analyse the activity of the counselors during the interviews with the candidates they guide. We seek to understand how the activity they deploy can support the candidate’s development of an experience discourse about his or her work. The research focuses both on the transformations of the candidate’s discourses of experience and on the ways in which what is said about work is transformed within the dialogue between the candidate and the counselor. The question of the counselor’s contribution is central to understanding the development of the discourse of experience in this context. We propose here some answers to this problem based on the analysis of real dialogues by highlighting how different types of movements can be identified in the counselor / candidate exchanges contributing to the developmental dynamic observed.

10- Effets formateurs de verbalisations issues d’entretiens d’autoconfrontation

(Le cas de la formation pratique d’agents de soin mortuaire)

p. 113-124

Long Pham Quang, Conservatoire national des arts et métiers, France

Mots-clés : : entretiens d’autoconfrontation simple, processus d’apprentissage, expérience, agents de chambre mortuaire

Résumé : L’article porte sur l’étude de l’apprentissage sur la place de travail du métier d’agent de soin mortuaire. Il s’appuie sur une analyse des verbalisations produites par des stagiaires dans un dispositif méthodologique de recherche reposant sur des entretiens d’autoconfrontation. Ces entretiens se rapportent à des séquences filmées d’apprentissage en situation de travail. L’objectif est d’identifier, dans le cadre de l’interaction tutorale, des traces d’apprentissage du stagiaire dans ses verbalisations, qui peuvent être mises en rapport avec des référentiels hospitaliers.

Les autoconfrontations engendrent des verbalisations à partir de traces filmées de l’activité qui, comme l’a montré la clinique de l’activité, ne sont pas une simple restitution de l’activité telle qu’elle a eu lieu, mais constitue une expérience dont la présente contribution vise à caractériser les aspects formatifs pour les stagiaires engagés.

Les analyses produites mettent en évidence que les entretiens d’autoconfrontations ont un effet formatif outre leur fonction permettant de mieux comprendre l’activité. Dans cette perspective, la contribution s’inscrit tout particulièrement dans un enjeu méthodologique en insistant sur l’analyse des données visant à rendre compte des traces d’apprentissage telles que verbalisées et reconnues par les stagiaires dans leurs interactions avec les tuteurs. Nous interrogeons à cette occasion la dimension formative de cet appareillage méthodologique dans la perspective de participer à la conception de dispositifs de formation destinés à ces professionnels

Title : Learning benefits of verbalizations produced from self-confrontation interviews

(The case of mortuary care staff training)

Key-words : Self-confrontation interviews ; learning process ; experience ; training of mortuary staff

Abstract : The article focuses on the study of workplace learning for hospital’s staff to become mortuary care agents. It is based on the analysis of verbalizations obtained from self-confrontations interviews made with the mortuary care trainees. These interviews are extracted from video recordings taken while trainees carry out their normal task. The goal is to identify, within the context of the interaction between trainees and tutors, signs of learning progress in the trainees’ verbalizations, which could be linked to existing hospital standards.

As demonstrated by the activity clinic methodology, these verbalizations are not just a simple depiction of the work activity as it happened but serve as an experiment to underline the learning benefits for the trainees.

Beyond the benefits of better understanding the trainees work tasks, the resulting analyses indeed support the formative aspect of self-confrontation interviews. In this perspective, the article focuses on a methodological aspect, the data analysis to account for signs of learning such as verbalized and recognized by the trainees in their interactions with tutors. On the occasion, we question the formative dimension of this methodological setting in the prospect of designing training devices for these professionals.

11- Dynamique de positionnement dans les interactions tutorales : une analyse interactionnelle dans le champ de la formation à l’éducation de l’enfance

p. 125-141

Isabelle Durand, Université de Genève, Suisse.

Mots-clés : rapports de place ; positionnement ; interaction ; stagiaire ; tutorat

Résumé : Cette contribution rend compte de travaux, conduits dans le cadre d’une recherche sur la formation à l’éducation de l’enfance à Genève, qui visent à éclairer la problématique du positionnement des stagiaires dans les activités auxquelles ils participent sur la place de travail. L’analyse des indices sémiotiques de participation aux interactions met en évidence les fluctuations des positionnements réciproques des participants aux interactions tutorales, et montre la coexistence de deux relations asymétriques inversées, dans une forme de « double asymétrie croisée ». Dans ce contexte le positionnement des stagiaires est vulnérable aux événements professionnels qui émergent dans le cours de l’interaction

Title : Positioning shifts in mentor-student interactions: an interactional analysis in the field of early childhood educators’ vocational training

Key-words : interrelational positioning ; interaction ; mentoring ; vocational education

Abstract : This contribution reports on a study conducted as part of a research on early childhood educators’ vocational training in Geneva. We wish to better understand the interrelational positioning challenges that the students face during the activities in which they participate in the workplace. The multimodal analysis highlights the frequent shifts of the participants’ reciprocal positions in mentoring interactions, and shows the coexistence of two inverted asymmetrical relations in a form of « double-cross asymmetry ». In this context, the trainees’ positioning is vulnerable to the professional events that emerge in the course of interaction

12- Former à quelle activité socioculturelle ?

p.142-156

Alexandre Buysse, Université Laval, Canada

Mots-clés : activité socioculturelle, formation des enseignants, pratique réflexive, savoirs

Résumé : Nous examinons la formation à l’enseignement en tant que formation à des activités socioculturelles. Nous exposons en quoi la formation peut se décomposer comme étant la participation à trois activités distinctes : l’activité académique, l’activité d’enseignement et l’activité réflexive. Chacune des trois activités est porteuse d’une forme socioculturelle et dispose de particularités dans sa transmission. L’étudiant intériorise ainsi trois formations différentes et trois manières différentes de penser et d’élaborer du savoir. Après avoir décrit le cadre théorique qui permet de circonscrire une forme socioculturelle et son lien avec l’activité, nous décrivons les modes de transmission et les trois activités étudiées. Finalement, nous dégageons des propositions quant à la formation des enseignants.

Title : Which sociocultural activity are teachers trained for?

Keywords : sociocultural activity, teacher education, reflexive practice, knowledge

Abstract : We examine teacher education as the education to sociocultural activities. We detail how teacher education can be considered as the participation into three different activities: that academic activity, the teaching activity and the reflexive activity. Each of those three activities is mediating a sociocultural form and has typical traits in its transmission. The student thus internalizes three different training and three different ways of thinking and elaborating knowledge. We present the theoretical framework that enables us to outline a sociocultural form and its link with the sociocultural activity. We then describe the different modalities of transmission of these activities. We finally elaborate on some proposals regarding teacher education.

 

Leave a Comment

Filed under Archive

Hommage à Louis Legrand

J’ai eu l’honneur de succéder à Louis Legrand en 1988 sur son poste de professeur de Sciences de l’éducation à l’Université Louis Pasteur à Strasbourg. J’ai surtout eu la chance d’animer avec lui pendant quatre ans un séminaire de DEA (master 2 recherche) intitulé « Pédagogie et politique ». Ce titre me semble très bien caractériser l’itinéraire et le positionnement de Louis Legrand dans le champ de l’éducation. Positiviste, il représente à merveille, par ses engagements et par ses responsabilités institutionnelles, cette période des années 1970-1990 qui a articulé en France, entre Haby et Savary, le « savoir pédagogique » et la « volonté politique ». Le rôle de la pédagogie, c’est d’établir la preuve scientifique de la supériorité de certaines pratiques et organisations de la scolarisation ; le rôle de la politique, c’est de reconnaître cet apport et de le diffuser par ses lois et ses décrets. Le problème, ce n’est pas, pour Louis Legrand, que la pédagogie ne parvienne pas à établir ce qu’il convient de faire pour assurer la réussite démocratique de l’institution scolaire, mais c’est bien que le politique ne parvienne pas à faire les choix nécessaires pour les rendre effectifs dans l’ensemble du système. Louis Legrand en fera l’amère expérience et il en éprouvera beaucoup de dépit tout le reste de son existence. On sait ce qu’il faut faire, mais on ne veut pas le faire, car on recule face aux résistances. La démonstration pédagogique est alors balayée par les circonvolutions politiques.
Louis Legrand est décédé le 20 octobre 2015, à l’âge de 94 ans. Né à Belfort en 1921, jeune encore, il s’engage rapidement, à 14 ans, dans les Jeunesses socialistes. Il passe son baccalauréat en 1939 à 18 ans et enseigne aussitôt en primaire dans un milieu rural. Mais il entreprend parallèlement une licence de philosophie à Besançon qu’il obtient à la fin de la deuxième guerre mondiale. Il sera alors professeur de philosophie au lycée de Vesoul. Puis il passe le concours d’inspecteur du primaire qu’il réussit en 1949, pour se retrouver pendant 5 ans en Alsace comme inspecteur. Il dira que c’est là qu’il a appris le métier de pédagogue, au contact en particulier des instituteurs Freinet. Il enseigne ensuite le pychopédagogie pendant un an à l’Ecole normale de Grenoble, avant de revenir comme inspecteur à Colmar jusqu’en 1962.
Mais cela ne lui suffit pas. En 1958, il soutient, sous la directeur de Paul Ricoeur, une thèse de philosophie centrée sur la pédagogie (« Principes philosophiques d’une pédagogie de l’explicitation », qui donnera lieu à la publication en 1960 de « Pour une pédagogie de l’étonnement »). En fait, Louis Legrand s’inscrit ici dans le sillon de l’Education nouvelle, qui restera son ancrage pédagogique dominant durant toute son action.
En 1962, il est nommé Inspecteur d’Académie à Belfort puis, en 1966, il se retrouve directeur de recherches à l’Institut pédagogiques national, ancêtre de l’Institut national de la recherche pédagogique. C’est lui qui va lancer l’opération « collèges expérimentaux », qui va se déployer en deux phases (1967-1975 et 1977-1980). Pourquoi le collège ? Parce qu’il avait été profondément bousculé par la réforme Haby de 1975, réforme dite du « collège unique », qui poursuivait l’école primaire unique et qui consistait à réunir dans les mêmes classes des élèves distribués précédemment dans des filières distinctes et hiérarchisées. Certes les différences institutionnelles étaient gommées, mais les différences entre les élèves désormais dans les mêmes classes, elles, étaient accentuées et posaient bien des problèmes aux enseignants qui, eux, s’accrochaient à l’homogénéité des élèves. Que faire ? Mettre en place la « pédagogie différenciée », mixte des principes de l’Education nouvelle et des dispositifs de la pédagogie par objectifs. Et reprendre les acquis des pédagogies de l’apprentissage, soit créer des situations qui permettent à l’élève de répondre à son besoin d’apprendre.
Les collèges expérimentaux ont prouvé, sur des bases scientifiques, que cette pédagogie est possible et répond à la situation présente. Il restait à généraliser cette expérimentation. L’occasion va se présenter pour Louis Legrand. En 1980, il devient professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Strasbourg, mais surtout, en 1981, il est appelé par le ministre de l’éducation Alain Savary, nommé à l’arrivée de la gauche au pouvoir, à présider un groupe de pilotage chargé d’élaborer une réforme du collège. Louis Legrand devient ainsi, aux côtés d’Antoine Prost pour les lycées et de André de Peretti pour la formation des enseignants, le symbole de la volonté politique de réforme pédagogique de la gauche. Il ne pouvait rêver mieux. Et effectivement, le rapport qu’il fournit, « Pour un collège démocratique », prône un tournant très significatif. Il y est question d’établissements autonomes d’une centaine d’élèves sous la responsabilité d’une équipe pédagogique, de la latitude d’organiser l’enseignement en formant des groupes temporaires d’élèves en fonction des besoins, de la possibilité d’adapter les programmes, de la mise en oeuvre de la pédagogie du projet impliquant plusieurs disciplines, de l’instauration d’un système de tutorat qui voit un adulte prendre en charge un petit groupe d’élèves sur l’ensemble de leur scolarité, de l’égale dignité des enseignements artistiques, technologiques et sportifs au regard des autres matières, d’une redéfinition du service des enseignants sur la base de 16 heures de cours pour tous, de 3 heures de tutorat et de 3 heures de concertation.
On retrouve là, d’une part, bien des bases pédagogiques de l’Education nouvelle, d’autre part, bien des pratiques validées dans les collèges expérimentaux. On retrouve là aussi ce qui ressortira ultérieurement (mais de façon plus diluée) lorsque, dans les décennies suivantes, on parlera de réformer le collège unique, au moins dans un sens « progressiste » et non pas « régressif ». Mais, pour le moment, dès 1982, la « réforme Legrand » est mise à mal et vilipendée. Le principal syndicat du secondaire, le SNES, s’arqueboute (notamment contre la redéfinition du service des enseignants et le tutorat qu’il dénonce comme de « l’animation »), tandis que les forces traditionalistes, elles, dénoncent la destruction de l’école. Louis Legrand, qui aurait dû devenir directeur des collèges, ne le sera pas. Alain Savary recule devant l’ampleur des protestations et ne retient, in fine, que des brides de la « réforme Legrand », brides qui pourront entrer en vigueur à partir de 1984 par tranche de 10% et par volontariat. Alain Savary, à son tour, sera balayé de son ministère en 1984, sous l’assaut des défenseurs de l’enseignement privé. Il sera remplacé par Jean-Pierre Chevènement, pour qui tout changement est un renoncement à l’école traditionnelle, « la vraie ».
Louis Legrand reprend son poste à Strasbourg, amer et dépité. D’une certaine manière, avec lui, c’est toute la grande époque de l’articulation du politique et du pédagogique qui s’éteint. Il ne l’acceptera pas et continuera à témoigner, par ses écrits, de la nécessité de changer l’institution scolaire pédagogiquement et politiquement. Quelques titres de ses ouvrages en témoignent : « L’école unique : à quelles conditions ? » (1981), « Les politiques de l’éducation » (1988), « Une école pour la justice et la démocratie » (1995), « Les différenciations de la pédagogie » (1995). Il était nostalgique de ce grand moment qu’il avait connu et animé. Nous, nous sommes nostalgiques de la force et du parcours de cet homme, de ses convictions et de ses actions. Et nous saluons aussi le beau titre de « pédagogue » qui lui est attribué, lui qui était professeur en Sciences de l’éducation !
Jean Houssaye
Professeur émérite en Sciences de l’éducation
Université de Rouen

Leave a Comment

Filed under Chronique "Penser"

La place de la recherche en sciences humaines, sociales et économiques dans les écoles d’ingénieurs

Volume 4 numéro 2

Accéder au numéro

Coordonnateurs du numéro:

Michel Sonntag, INSA, Strasbourg, France François Gitzhofer, Faculté de génie, Université de Sherbrooke, Canada Michel Lejeune, École polytechnique de Montréal et INRS, Canada

Que la formation des ingénieurs ne se réduise pas aux sciences et techniques et comprenne aussi une formation en sciences humaines, sociales et économiques (SHSE) se comprend dès lors que l’on prend en considération les activités réelles des ingénieurs et leurs fonctions dans les entreprises. Celles-ci ne se limitent pas au calcul scientifique et la conception et fabrication technique, l’ingénieur est aussi chef de projet, responsable d’équipe, manager, dirigeant d’entreprise… Il peut être confronté à des prises de décision à forts enjeux sociétaux, à d’autres cultures et valeurs que les siennes. Il est pris dans des relations professionnelles où le comportement stratégique des acteurs est souvent central … Mais la question de cette formation ne va pas sans dire. Par qui est-elle assurée ? Comment est-elle assurée ? Repose-t-elle sur des champs scientifiques ? Est-elle adossée à la recherche ? La formation des ingénieurs ouverte sur les SHSE Positionnement de la formation des ingénieurs, par rapport à cette question . Si quelques postes statutaires en SHSE existent dans certaines Écoles, le plus souvent les enseignements en SHSE sont confiés à des consultants et intervenants extérieurs qui ne font pas partie du corps des enseignants titulaires des Écoles. N’est-ce pas une façon de dire que malgré les affirmations de bonne intention, on estime que ces enseignements ne font pas partie des mêmes types d’enseignements que les sciences et techniques ? Les formations économiques, sociétales et humaines sont-elles soutenues par des activités de recherche en sciences humaines, économiques et sociales dans les Écoles d’ingénieurs ? Quelle place les établissements d’enseignement supérieur qui ont en charge la formation des ingénieurs réservent-elles à la recherche en SHSE ? Dans les Écoles les formations scientifiques et technologiques (sciences pour Ingénieurs) sont adossées à la recherche à travers des laboratoires parfois partagés entre établissements. Qu’en est-il pour les SHSE ?  Dans quelle mesure, par exemple, l’institution supporte-t-elle la recherche scientifique sur la question du rapport entre technologie et société dans la profession de l’ingénieur ? En quoi les cours qui sont offerts dans les programmes universitaires reposent-ils sur des fondements scientifiques à jour ? D’autres questions se posent également par rapport à la qualité de l’enseignement des sciences humaines et sociales. Quelles sont par exemple les qualifications scientifiques, l’expérience et les compétences des enseignants qui dispensent les cours en sciences sociales et humaines ? En quoi l’institution renforce-t-elle l’apport de la recherche scientifique à l’enseignement des sciences sociales et humaines ? C’est à ces différentes questions que se consacre ce numéro.

1.      Introduction

Michel Sonntag, INSA, Strasbourg, France

François Gitzhofer, Faculté de génie, Université de Sherbrooke, Canada

Michel Lejeune, École polytechnique de Montréal, Canada

p.1-4

2. La technique est-elle condamnée à entrer par effraction dans notre culture

Marianne CHOUTEAU, Marie-Pierre ESCUDIE, Joëlle FOREST et Céline NGUYEN, INSA, Lyon, France

  1. 5-16

3. Évolutions de la formation et de la recherche en sciences humaines et sociales dans les écoles d’ ingénieurs en France

Auteur : Catherine Roby, Université de Rennes 2

p.17-33

 4.     L’ apport de la sociologie de la technologie à la professionnalisation de l’ ingénieur

Michel Lejeune, École polytechnique de Montréal

p.34-42

  5. Réflexions sur 25 ans de formation aux relations humaines dans une école d’ ingénieurs

Jean-Gabriel Offroy, ISTI, Ecole Internationales du traitement de l’’information

p.43-53

6.     L’ invention de la créativité

Christian Michelot, École centrale de Paris

p. 54-61

 

 

 

 

 

Leave a Comment

Filed under Numéros parus

Comprendre la transmission du travail

transmission-rwLe champ de la transmission est bien entendu beaucoup plus vaste que celui de la seule transmission du travail. En effet, il concerne des « objets » très divers tels la transmission inter-générationnelle, la transmission des savoirs (dans un contexte scolaire ou non), la transmission des valeurs, …
De façon plus limitée, nous nous intéresserons ici exclusivement au thème de la transmission du travail et plutôt d’ailleurs en situation de travail. Celui-ci est par excellence un thème récurrent qui prend une nouvelle actualité à chaque période de fort renouvellement générationnel dans les organisations.
La première évidence consiste à dire que la transmission du travail est souvent peu ou pas organisée dans les organisations sans doute parce qu’elle est souvent considérée comme se faisant naturellement dès lors que l’on met en relation un « ancien » (au sens d’expérimenté) et un nouveau (au sens de néophyte). Certes, pour peu que le premier accepte de s’ouvrir au second, il est possible de dire, selon l’expression couramment utilisée, que quelque chose « passe » de l’un à l’autre. Mais de quoi s’agit-il ? D’expérience individuelle singulière, de travail prescrit, de valeurs, de gestes, de conceptions de métier… Par ailleurs comment s’opère cette transmission ? La réponse à ces questions permet probablement de penser des dispositifs d’aide à la transmission plus efficaces…

Présentation de l’ouvrage par Richard Wittorski:


Auteur : Richard Wittorski est Professeur des Universités, Directeur de l’ESPE (Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education) de l’Université de Rouen et chercheur au laboratoire CIVIIC (Centre de recherche Interdisciplinaire sur les Valuers, les Idées, les Identités et les Compétences). Il a également co-présidé l’AECSE (Association des enseignants et chercheurs en sciences de l’éducation entre 2008 et 2010). Ses travaux portent sur les rapports travail-formation et particulièrement la professionnalisation dans le champ de la formation des adultes. Il a réalisé plus d’une centaine de publications sur ces questions.

Disponible aux Éditions Champ Social

Leave a Comment

Filed under Les ouvrages

Entre imitation et émancipation

Apprendre à l’âge adulte : entre imitation et émancipation

(A lire dans le volume 4 numéro 1)

émancipation

Leave a Comment

Filed under Orbis Pictus

Les processus de relégation scolaire

Les processus de relégation scolaire: une lecture en contre-jour du rôle attribué à l’enseignant spécialisé

( A lire dans le volume 4 numéro 1)

relégation

Leave a Comment

Filed under Orbis Pictus

L’activité humaine au coeur du travail

Volume 4 numéro 1 (accéder au numéro)

L’activité est un « ensemble de processus par et dans lesquels se trouve engagé un sujet humain, individuel ou collectif, dans ses rapports avec son environnement (un contexte, une situation). Par cette activité, des transformations de lui-même s’opéreraient à cette occasion… Les composantes de l’activité humaine seraient susceptibles d’être distinguées à partir du repérage de régularités ou d’invariants dans leurs processus de production et dans leur produit, et caractérisables en termes de procès » (Barbier, 2011, p. 25). Analyser l’activité du travail invite à observer de près les processus tout autant que les sens, significations et intentions exprimés par le sujet. L’activité appelle de la part de l’analyste, d’une part, une analyse des procès de construction et de développement de l’activité, d’autre part, une compréhension des projets et des intentions des sujets se transformant dans et par l’activité qu’il s’agisse des travailleurs ou des sujets-objets de l’activité-intervention comme c’est le cas dans les métiers adressés à autrui ou encore des différents objets-produits-services issus de l’activité. L’analyse compréhensive des différentes figures, modèles et dimensions de l’activité conduit à analyser celle-ci indissociablement des sujets-acteurs de cette activité. Ainsi, les différents cadres de référence ayant pour projet d’analyser l’activité du travail ont tous pour point commun de lire et de comprendre l’activité du travail dans ses relations avec les environnements, les contextes, les situations et dans ses rapports étroits avec les sujets humains impliqués selon différents projets de sens dans l’activité. La place du sujet est essentielle dans la compréhension de l’apprentissage professionnel. On ne peut décrire l’activité du travail en considérant le sujet comme une simple variable de la situation ou de l’agir professionnel. Dès lors, l’activité ne peut être décrite « froidement » comme une situation a-personnelle, comme si le sujet n’était qu’un instrument de l’activité du travail. Le sujet n’est pas qu’un simple alibi d’un discours négligeant le travailleur au profit d’une valorisation de la compréhension de l’activité, elle-même orientée vers un objectif de productivité et de rentabilité. La place du sujet est centrale. Dans les métiers adressés à autrui, le sujet humain est à la fois l’intervenant et le bénéficiaire de l’activité du travail. Il est ce qui distingue et ce qui spécifie ces métiers. Il est aussi ce qui unit et réunit un ensemble d’agirs professionnels dans cette quête d’une valorisation de l’humaine condition. L’activité humaine, telle que présentée dans ce numéro est donc bel et bien au cœur du travail.

1. Les processus de relégation scolaire : une lecture en contre-jour du rôle attribué à l’enseignant spécialisé.

Lise Gremion, HEP Vaud, Suisse

p.1-13

 

2. Interventions du superviseur lors de séances de rétroaction visant le développement de la réflexivité : étude de la variabilité inter-superviseurs

 Marie Bocquillon, Arnaud Dehon, Antoine Derobertmasure, Université de Mons, Belgique

P. 14-27

 

3. Un soutien dans le processus d’accompagnement-citoyen : une nécessité pour une potentielle professionnalisation ?

Pierre-Yves Therriault, UQTR, Jacinthe Samuelson, CREGES, Canada

p.28-39 

 

4. Apprendre à l’âge adulte : entre imitation et émancipation

Henri Vieille-Grosjean, Gabriel Di Patrizio, Université de Strasbourg

p.40-50

5. Les enseignants du secondaire à l’épreuve de la loi de 2005

Pascal Guibert, Nadine Le Corre , Université de Nantes, France

p.51-63

6.     L’activité de démoustication, entre contraintes techniques, écologiques et sociales

Sophie Pécaud, Université de Nantes, France

P. 64-78

 

 

 

 

 

Leave a Comment

Filed under Numéros parus

Coopérer ? Mettre à jour les reliances de l’alternance en formation et ses effets sur les processus de construction identitaire des alternants

Symposium organisé par Philippe Maubant, Université de Sherbrooke et Pascal Roquet, CNAM

Dans le cadre de la Biennale internationale de l’éducation (30 juin au 3 juillet 2015)

L’alternance, figure éducative et pédagogique des politiques et des dispositifs de formation professionnelle, est aujourd’hui, à nouveau, omniprésente dans les discours politiques et sociaux visant à défendre un rapprochement plus significatif et plus efficace entre la formation et l’emploi. Se redéployant sous l’argumentaire des injonctions à la professionnalisation, l’alternance constitue une dimension structurante de la formation professionnelle. Elle poursuit son mandat de réconcilier l’école et la vie (Houssaye, 1987). Elle est marquée de toutes les espérances dans sa capacité à rapprocher, voire à mieux articuler les situations de formation et les situations de travail. Elle porte aussi en elle d’autres ambitions en interpelant différentes problématiques, comme celle de la pédagogie par alternance (Maubant, 2007), de la question des temporalités en formation (Roquet et al., 2013) ou bien encore celle des pratiques formatives de certains acteurs de l’alternance (Mazalon, Gagnon et Roy, 2014), comme les superviseurs ou les tuteurs. L’alternance constitue aussi un slogan et une figure éducative. En effet, elle participe des discours sociaux sur et pour la professionnalisation (Demazière, Roquet, Wittorski, 2012). À cet égard, elle contribue à une réorganisation des curricula et des dispositifs de formation dans et par les situations de travail. Le slogan de l’alternance semble donc intimement lié au discours politique et organisationnel sur la professionnalisation. Mais elle est aussi une figure éducative de la professionnalisation dans la mesure où elle est porteuse d’une ambition pédagogique, celle de favoriser et de faire réussir les apprentissages des « alternants ». La valeur ajoutée attendue de l’alternance est donc tout autant politique et stratégique qu’éducative et pédagogique. L’alternance est aujourd’hui engagée dans sa propre institutionnalisation. Elle se définit dans le cadre de réponses globales aux problématiques d’insertion et de formation tout au long de la vie et se caractérise par une grande hétérogénéité de formes et de pratiques. L’institutionnalisation de l’alternance est aussi une question de construction de sens : sens identitaire, sens social, sens éducatif et sens pédagogique Il demeure que pour penser et mettre en oeuvre l’alternance en formation un construit et un paradigme semblent constamment présents, en filigrane, lorsque l’on étudie les discours sur l’alternance : le construit de reliance (Morin, 1977, Le Moigne, 2008) et le paradigme de la coopération. La reliance semble en effet un construit représentatif et symbolique du paradigme de la coopération structurant les rapports entre les différents acteurs de l’alternance. En effet, pour penser et mettre en oeuvre l’alternance en formation, une condition conceptuelle et paradigmatique semble devoir être présente.

Certes, il s’agit de favoriser la mise en relation, l’émergence d’interrelations, la stimulation d’interactions entre les différents acteurs de la formation, et implicitement, entre les différentes situations potentiellement formatives, entre les différents espaces et temps constitutifs du processus de professionnalisation. Mais il s’agit aussi de donner sens à ces reliances à partir de figures ou de modèles comme celui de la coopération par exemple. Soutenir le recours au construit de reliance et au paradigme de la coopération contribue sans doute à envisager les reliances sous la forme d’un dialogue, voire d’une tension dialectique, tension qui interroge de fait le sens et la forme de la coopération. Définir, décrire et caractériser les reliances conduit à débattre du statut, du sens et de la forme d’un mode de collaboration entre acteurs de l’alternance, de type coopératif. Dès lors, définir cette collaboration de type coopératif constituerait selon nous un cadre pertinent pour convoquer le construit de reliance, instruire son procès en ce sens d’en débattre de son usage et de sa pertinence. De fait, débattre du construit de reliance dans et par une mise en question du statut, du sens et des formes de la coopération nous permettrait de redessiner la figure éducative et pédagogique de l’alternance en formation, tant sur le plan de sa construction macro-­‐politique et macro-­‐stratégique que sur le plan méso-­‐organisationnel. En proposant ce débat croisé sur le construit de reliance et sur le paradigme de la coopération, nous cherchons aussi à comprendre les effets de ces reliances sur les processus de constructions et de transformation identitaires des acteurs de l’alternance. Ainsi ce symposium cherchera-­‐t-­‐il à répondre aux questions suivantes : 1. Quels impacts le recours au construit de reliance a-­‐t-­‐il sur la manière de penser, de décrire, de caractériser et de comprendre la coopération dans et par les formations par alternance ? 2. De quelles manières et à quelles conditions l’usage du construit de reliance permet-­‐il de saisir les processus de construction et de transformation identitaires des acteurs de l’alternance ? 3. Le recours au construit de reliance permet-­‐il de penser autrement l’alternance en formation ? 4. L’usage du construit de reliance pour décrire et comprendre les différentes configurations de l’alternance nécessite-­‐il de préciser préalablement la coopération dans sa forme organisationnelle mais aussi dans sa forme pédagogique ?

Bibliographie  :

Demazière, D., Roquet, P., Wittorski, R. (2012). (Dir.). La professionnalisation mise en objet. Paris : L’Harmattan. Houssaye, J. (1987). École et vie active. Résister ou s’adapter ? Neufchâtel : Delachaux et Niestlé

Le Moigne, J.-­‐L. (2008). Edgar Morin. Le génie de la reliance. Synergies-­‐Monde, 4, 177-­‐184

Maubant, P. (2007). Penser l’alternance comme logique de professionnalisation des enseignants. In Vanhulle, S., Merhan, F. et Ronveaux, C. Alternances en formation. Raisons éducatives numéro 11, 67-­‐82.

Mazalon, É. Gagnon, C., Roy, S. (2014). L’encadrement des stagiaires en milieu de travail : étude exploratoire dans un cadre formel d’alternance en formation professionnelle initiale. Éducation et francophonie, Vol. XLII, 1,113-­‐135. Morin, É. (1977). La méthode. T1. Paris : Le Seuil.

Roquet, P., Goncalves, M.J., Roger, L., Viana-­‐Caetano, A.P. (2013). Temps, temporalités et complexité dans les activités éducatives et formatives. Paris : L’Harmattan

Leave a Comment

Filed under ROIP